Calimero Création

Brigitte Neervoort

19 mars au 23 mars 2019
26 mars au 30 mars 2019

Documents

Comme point de départ de cette nouvelle création de la compagnie Transquinquennal, il y a l’exploration de la thématique de la colère et la conscience de ses membres qu’ils peuvent eux-mêmes être l’objet, la cible d’une colère légitime.

En effet, qui n’a jamais ressenti de colère face à des hommes blancs hétérosexuels dans la cinquantaine ? Qui n’a jamais été irrité par les privilèges que leur confère leur position dominante dans notre société ? Qui ne s’est jamais emporté face à leurs certitudes, leurs explications, leurs idées, leurs blagues, leur méconnaissance des réalités d’autrui ?

Les membres du collectif, conscients de leur statut dominant et reconnaissant n’avoir pas d’expérience de la minorisation, se mouillent : « Le monde résiste à nos désirs, nos aspirations, notre volonté, il s’éloigne de notre idéal. Nous en venons parfois à le haïr et nos révoltes nous étouffent plus qu’elles nous libèrent, peut-être parce que nous échouons à le changer. Peut-être parce que tout simplement, nous ne voulons pas qu’il change. Parce que nous avons peur de nous perdre, de tout perdre de ce que nous sommes, de perdre notre place dans l’ordre du monde. Dans Calimero, nous allons essayer de comprendre ce que nous ne voulons pas entendre. Nous sommes trois hommes blancs hétéro, dans la cinquantaine. Nous voulons éprouver et faire l’expérience de l’irritation que provoquent notre place, nos positions, nos privilèges, nos actes. Comment affronter, ressentir, et faire ressentir ce que notre masculinité, notre blanchitude, notre hétérosexualité, nos positions prétentieuses et pleines d’orgueil, notre égoïsme, notre domination, notre paternalisme provoquent, étouffent, détruisent, ignorent ? Si nous vous irritons déjà, ne laissez pas passer cette occasion : faites avec nous le pari de notre sincérité, dites-nous comment et pourquoi nous vous irritons et envoyez-nous un mail à l’adresse suivante : irritation@transquinquennal.be »
Bernard Breuse, Miguel Decleire & Stéphane Olivier